L’esprit « maintenance » naît de facto avec l’avènement de l’Artillerie au Moyen-Age. En effet, c’est à partir des années 1340 qu’apparaissent les premières pièces d’artillerie. A partir de 1409, le déplacement, le ravitaillement et la réparation des pièces sont confiés aux spécialistes-artisans, du ferronnier au métallurgiste. Ceux-ci travaillent à la fois dans les charrois et les arsenaux royaux. En 1671, l’organisation des charrois est modernisée avec la création du premier régiment de soutien – le régiment des fusiliers du roi. Articulé en une dizaine de compagnies, ce régiment regroupe les différents spécialistes de l’armurier à l’ouvrier d’artillerie. Les arsenaux font l’objet d’un développement tout particulier.
Durant la période révolutionnaire, les arsenaux continuent à prospérer, mais le soutien mobile disparaît. Le 1er Consul Bonaparte organise l’ensemble du soutien et crée le 3 janvier 1800, le Train d’artillerie, véritable organisation du soutien. Parallèlement, il encourage le développement et la modernisation des arsenaux. On assiste à une militarisation du soutien. Durant le Second Empire, les établissements d’armement et les arsenaux connaissent une véritable expansion sous l’impulsion de Napoléon III. En 1883, le train d’artillerie est dissout : ses missions sont reprises par le train des équipages dépendant alors de l’artillerie.
A la fin du XIXème siècle, les premières automobiles font leur apparition. Un Service Automobile est créé le 31 décembre 1913. Au début de la première guerre mondiale, l’armée française possède environ un peu plus de 200 véhicules. La réquisition est de règle en cas de conflit. Les premiers véhicules sont en bon état mais rapidement, la ressource s’avère trop disparate et non adaptée. Les problèmes d’approvisionnements apparaissent très vite. Le 4 novembre 1914, un «magasin central auto» est créé. En 1918, des sections de parc sont organisées : les ouvriers vont sur le terrain avec outillages et rechanges et s’y implantent, assurant ainsi le soutien de plus de 100 000 véhicules appartenant en propre à l’armée.
Le décret-loi du 25 août 1940 institue le Corps civil du Service des Matériels comprenant de nombreux démobilisés.
En 1943, le service du Matériel est créé en Afrique du Nord, dont les premières unités de réparation divisionnaires sont mises sur pied sur le modèle américain de l’« Ordnance Service ». Le 15 juillet 1944, au moment du débarquement de Provence, le Matériel comprend 47 unités de réparation et d’approvision-nement et 10 compagnies de munitions totalisant 500 officiers, 1 450 sous-officiers et 10 800 hommes de troupe.
La première école du Matériel est fondée à Mekhnès au Maroc. Les maintenanciers du Matériel suivent la 1ère Armée du général de Lattre de Tassigny pendant toute la campagne de France, du débarquement de Provence jusqu’en Autriche.
En 1945, le Matériel prend à son compte l’ensemble des structures du service de l’artillerie, ajoutant ainsi une composante territoriale à l’aspect opérationnel des unités de soutien. Il participe à tous les théâtres d’opérations : en Indochine, puis en Afrique du Nord et enfin jusqu’à nos jours dans le cadre des opérations extérieures. De 1966 à 1970, le Service du Matériel absorbe le Service des Matériels et Bâtiments des troupes de Marine, celui du Génie et celui des Transmissions. En 1976, le Service devient Arme. La réputation de l’arme – service n’est plus à faire : partout où intervient une unité de l’armée française, les maintenanciers sont présents et leur apportent leur soutien.